21/1/2016 – Interview Thomas R.

Comment t’appelles-tu et quel est ton métier ? Je m’appelle Thomas. J’ai une entreprise de plomberie et chauffage. Je suis né le 2 mars 1977 à la clinique d’Alençon, je suis donc poisson.

 Que penses-tu de ton signe astrologique ? D’après ce que les gens disent ça me caractérise assez bien : taiseux, insaisissable entre deux eaux, filant !

Quel métier te faisait rêver quand tu étais petit ? Quand j’étais petit je voulais être pilote d’avion. Une certaine idée de l’impossible : voler ce n’est pas très naturel.

Quel est ton endroit préféré ? J’aimais bien mon Orme à la campagne, ma maison en Corse, la maison d’un proche dans les Côtes-d’Armor. J’aime l’endroit où je vis à Fleury sur Orne. En 2017, si j’ai envie de me ressourcer, je reste chez moi.

Une anecdote que les gens ne connaissent pas sur toi ? Dans le passé je prenais des cours de planeur et j’ai découvert qu’il fallait mettre un parachute – et bien sûr prier pour que ça ne se casse pas la gueule !

A quoi es-tu accro ? Je suis accro à plein de trucs. Je suis accro à ma femme, tiens.

Qu’est-ce que tu détestes ? J’aime de moins en moins l’intolérance, les gens racistes et les gens bêtes.

Que préfères-tu dans ton métier ? Le relationnel.

Qu’est-ce que tu aimerais savoir mieux faire ? L’amour !

Sur quoi es-tu pessimiste ? Je n’ai jamais été très optimiste sur genre humain. Les gens en masse me font peur, comme les orateurs qui arrivent à galvaniser des foules avec des slogans à la con.

La première fois où tu as vraiment trop bu ? A 16 ans je me suis déchiré avec ma cousine Céline à Champfrémont avec une bouteille de whisky. Il y avait un autre mec, je suis totalement incapable de me souvenir de qui c’était.

Et la dernière ? J’ai fait une soirée cocktail chez moi à un retour de Corse il y a 4 ans et j’ai vraiment été très très mal. Je recevais une dizaine de personnes chez moi ; à minuit je suis allée me coucher et je n’étais même plus capable de dire au revoir aux gens. Je n’arrivais plus à articuler !

Tu préfères être une femme ou un homme ? Ecoute on n’a pas le choix, elle est un petit peu comme cette question ! Je suis un homme, j’accepte ma condition. J’aurais été curieux de savoir ce que ça fait de l’autre côté.

Une personne influente que tu admires ? Albert Camus.

Dirais-tu que tu es chanceux ou malchanceux ? Très chanceux ! J’ai des amis exceptionnels, une femme exceptionnelle, des enfants au top et en bonne santé, tout va bien ! Ca m’est arrivé de m’épanouir dans mon taf. J’aimerais m’épanouir un peu plus intellectuellement, avoir le temps de lire. Mais j’y travaille en ce moment.

Si tu étais le roi du monde, tu ferais quoi ? Je laisserais un petit peu le bordel comme ça, mais en répartissant mieux les richesses, en valorisant plus le travail.

Est-ce que tu aimes frimer et faire des envieux ? J’adore ! J’adore sortir une grosse liasse et faire des envieux.

Est-ce qu’un bon perdant, c’est quelqu’un qui a l’habitude ? Moi je suis quand même assez mauvais joueur mais la vie fait que par la force des choses tu dois être bon perdant. Sinon tu ne t’en sors pas.

Quand est-ce que tu as le plus l’impression d’être toi-même ? Face à quelque chose qui m’impressionne et qui me dépasse : la mer, la nature.

Qui plains-tu ? J’ai tendance à ne plaindre personne. Je n’ai pas envie de plaindre les gens malgré l’adversité, ce n’est pas mon état d’esprit.

Quelle question espères-tu que je ne pose pas ? Aucune. Tu peux poser toutes les questions que tu veux.

Qu’est-ce qui change dans ta vie en ce moment ? J’en prends un peu plein la gueule en ce moment. J’ai moins d’aisance par rapport à l’argent, ça change mes vacances et la façon dont je peux profiter de mon travail. Après, tout est relatif.

3 personnes que tu aimerais rencontrer ? Angela Merkel ! Est-ce que je lui serais polisson ? Peut-être pas quand même ! Éric Cantona : il me plaît bien, il a un peu de gueule. Édouard Baer, il est très éloquent, il manie bien le français et il est très coquin.

La plus grande menace pour le monde actuel ? La démographie.

 Es-tu joueur, et à quoi ? A quoi j’aime jouer ? j’aime jouer avec ma vie, avec les gens que je rencontre, je vois jusqu’où ça peut me mener. Souvent je suis un peu déçu quand même.

 3 mots pour te définir ? Insouciance, joie de vivre et bordel !

Histoires de papes

La liste des papes apparaît dans l’Annuaire Pontifical, publié chaque année et depuis 1912 par le bureau central de statistiques du Saint-Siège. En 2016 la liste compte 266 individus, de Pierre à François.

L’histoire des papes présente quelques singularités remarquables :

– Le pape Etienne, élu en mars 752, connaît un pontificat de 3 jours avant sa mort. Du reste il a quitté la liste des papes depuis 1961.
– Un peu plus de 100 ans après Etienne, le pape Philippe bat son record en 768, avec une unique journée de pontificat : il est déposé le soir même et laisse la place à Etienne III. Lui non plus n’est pas dans la liste.
– Si de nombreux papes sont élus assez âgés, Benoît IX brille par sa précocité : il a au plus 20 ans lors de son accession à la fonction en 1032. Autre fait remarquable : il est 3 fois pape, successivement. Il doit d’abord fuir Rome en 1044, et Sylvestre III le remplace en janvier 1045. Benoît IX l’excommunie en conséquence et redevient pape au mois de mars. Deux mois plus tard, il laisse la fonction à son oncle qui devient Grégoire VI. Dans un come-back digne de Charles Aznavour, Benoît IX reprend son titre en novembre 1047. En juillet 1048 l’empereur se prononce contre lui et fait élire Léon IX, qui s’empresse d’excommunier Benoît IX. A la mort de celui-là en avril 1054, Benoît IX tente un nouveau retour mais ne parvient pas à retrouver son trône.
– En 1409 : 3 papes sont déclarés simultanément : Grégoire XII, Benoît XIII et Alexandre V. Ces 2 derniers sont considérés aujourd’hui comme des antipapes, et non présents dans la liste.
– Arthur Ramiandrisoa a eu le bac à 11 ans en 1989. En 955, Jean XII est élu pape. Il a (selon les sources) 16 à 18 ans.
– Alexandre VI Borgia est une véritable star : pape de 1492 à 1503, il partage le Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal en 1493, reconnaît 6 enfants (dont César et Lucrèce), crée un énorme scandale le 31 octobre 1501 en organisant une orgie mémorable en compagnie de ses propres enfants. Avec ça il est un mécène généreux et un administrateur doué.

L’humain bugge

1/ Au XIXe siècle, le mathématicien William Shanks (1812-1882) passa plus de 15 ans de sa vie à calculer à la main 707 décimales de Pi. Les décimales furent inscrites au-dessus des murs de la salle pi, pour l’inauguration du Palais de la Découverte de Paris en 1937. Mais seules les 527 premières étaient correctes. L’erreur fut corrigée au milieu des années 40 par Ferguson, puis rectifiée au Palais de la Découverte.
En 2009 Fabrice Bellard a calculé à l’aide d’un ordinateur 2700 milliards de décimales de Pi. A la fin 2016 le record est à 22 459 milliards de décimales. Mais sont-elles justes ?

2/ Le 23 mars 1994 Le vol 593 Aeroflot qui devait relier Moscou et Hong Kong s’est écrasé en phase de croisière, avec 63 passagers et 12 membres d’équipage.
L’analyse du crash a révélé que le commandant de bord, Yaroslav Kudrinsky, a invité ses enfants dans la cabine, et les a laissés prendre les commandes. Son fils de 15 ans joue avec le manche et perturbe le cap de l’avion, faisant passer les ailerons en manuel. Le pilote automatique conserve le reste des commandes et fait tourner de plus en plus fort l’avion pour compenser. Quand le commandant de bord s’aperçoit du problème, il est trop tard : l’inclinaison de l’avion est trop forte et il chute violemment.
Avec la violence de la chute il est très difficile de regagner le contrôle de l’appareil, le commandant y parvient, mais trop tard. L’appareil heurte le sol à 250 km/h. Les 75 occupants de l’Airbus meurent.
L’enquête a fait apparaître que l’action humaine des pilotes pour tenter de redresser l’avion a aggravé la situation : l’autopilote aurait probablement évité le drame s’il avait agi seul.

Lécheurs-tourneurs

Ceux-ci lèchent leur doigt toutes les 2 ou 3 pages, il est difficile de ne pas le remarquer, de ne pas évoquer, tout ensemble :
– La pensée de la rampe de l’escalier ou de la barre verticale du métro qu’ils viennent d’emprunter, sur laquelle ils ont posé ce même doigt, rampe ou barre touchée dans les 2 heures qui précèdent par 2000 mains couvertes de bactéries variées
– La dizaine de mains qu’ils viennent de serrer
– Le Nom de la Rose bien sûr, et le moine agonisant, la langue et le doigt bleus, couverts d’encre et de poison déposé sur le coin des pages à l’attention express des lécheurs-tourneurs

Les lécheurs-tourneurs sont plus ou moins névrosés, certains lèchent le doigt à chaque page, parfois plus souvent même, ce sont les plus névrotiques du lot, leur visage est parcouru de mille expressions faciales et semble le ciel remuant de Brest à la fin de l’hiver, à chaque instant remué. Ils semblent souffrir intensément. D’autres lèchent à intervalles de temps donné, les yeux dans le vide, plus absorbés par le rythme hypnotique du tournage-léchage que par le texte sur les pages.

Comme des dinosaures trop lourds et cuirassés pour une époque moderne, les lécheurs-tourneurs sont touchants par leur inadaptation criarde.

Pour une part nous leur ressemblons tous, avec nos tics et nos tocs, notre consultation frénétique d’objets connectés, nos toussotements, nos mouvements de vérification de bonne remise en ordre à la sortie des endroits d’aisance.

Pour une autre part, ils sont plus inadaptés que la moyenne, et probablement appelés à un déclin rapide. Pensez-y quand vous les croiserez, ce sont les nouveaux dodos.