En bonus : Yer Blues

Pour faire oublier l’horreur du post précédent voici une petite merveille trouvée sur YouTube. Sont rassemblé ici Mitch Mitchell (batteur du Jimi Hendrickx Experience), Lennon au chant, Clapton à la guitare et sa majesté Keith à la basse – impossible d’obtenir mieux vue la configuration !

 

Outre le son magnifique et le très bon solo de Clapton on note celui presque grunge du Beatle plein de poils. Juste pour le plaisir…

 

Clapton – Quoi (ne pas) écouter ?

Le plus étrange avec Clapton est sa capacité à alterner de purs chefs d’œuvre avec des moments beaucoup plus poussifs.

Le début est météorique. Clapton est né en mars 45, les Yarbirds explosent entre ses 18 et ses (à peine) 20 ans. En 66 John Mayall & the Bluesbreakers met tout le monde d’accord : Clapton is God. On passe sur Powerhouse pour arriver à Cream, un monument (66 à 69), gardons les albums Disraeli Gears et Wheels of fire, tiens. En 69 toujours le supergroupe Blindfaith est fort solide, et le Live peace in Toronto avec le Plastic Ono Band est une bonne prestation classique malgré les miaulement stéroïdés de la dame, exemple sur Yer Blues:

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Le solo de While my guitar gently weeps (68) sur le White Album des Beatles est un monolithe kubrickien. Un rapide tour avec Delaney & Bonnie & Friends, et puis on arrive chez Derek and the Dominos en 70, pour continuer de planer bien haut. Citons Layla and other assorted love songs, avec quelques prémices des catastrophes à venir toutefois (I am yours, anyday).  Le Live at the feelmore de fin 1970 est globalement parfait, avec une reprise magnifique de Little Wing, peu de temps après la mort de Hendrix.

C’est ici que les choses se corsent. S’il avait fait une OD à ce stade, comme une bonne petite rock star, il aurait planté un quasi sans faute. Mais l’homme reste prolifique sur presque 50 ans de plus !

1970      Eric Clapton : venant d’un inconnu, ceci serait acceptable. L’album n’apporte pas grand-chose à une discographie déjà riche, avec un recul sur le son. I’ve told you for the last time lorgne vers la country et annonce des monceaux de morceaux énervants. Restent quelques classiques (avec un son décevant), et un blues en la plutôt sympathique dans l’édition collector.

1974      461 Ocean Boulevard : après 3 ans de combat contre l’héroïne et de stérilité musicale, Clapton redevient monstrueusement bon en ouvrant sérieusement sa palette musicale. On trouve ici du reggae, de la steel guitar, du low tempo, un style très laidback et de nouvelles utilisations de la batterie, avec un son splendide. A la même époque il fait une apparition jouissive dans Tommy, l’opera rock des Who, en prêcheur du culte de Marilyn Monroe.

1975      There’s One in Every Crowd. L’album n’est pas mauvais, mais n’apporte rien de particulier après l’énorme 461 Ocean Boulevard. En 1975 l’album EC was here est un live essentiel.

1976      No Reason to Cry. Celui-ci est plutôt un bon cru. Il traîne des relents de pop/rock pénibles dans cet album, mais une bonne moitié des chansons est bien agréable à l’oreille.

1977      Slowhand bien sûr, en apesanteur sur une bonne moitié des titres. Le principal protagoniste est saturé de substances pendant tout l’enregistrement m’a-t-on dit, et on peut apercevoir les germes de ce qui devient si énervant quelques années plus tard. Mais il y a une telle honnêteté et une telle maîtrise musicale dans cet album que tout est pardonné. Restent une tristesse majestueuse et un art splendide.

1978      Backless. Celui-ci prolonge le précédent, un peu en-dessous.

1980      Just one night est un très bon live qui conclut 10 années de carrière solo globalement magnifiques. Plus dure sera la chute !

1981      Another Ticket ne fait pas particulièrement de bien ou de mal, c’est, disons, le bord du précipice.

1983      Money and Cigarettes. Si l’arrêt de l’héroïne avant 461 Ocean Boulevard avait porté ses fruits, l’arrêt de l’alcool juste avant celui-ci a des résultats moins heureux. Money and Cigarettes est un sacré gâchis. Le son est agaçant, cliquant, plein de medium, avec des percussions insupportables. On sent bien que, juste derrière, tout le talent de Clapton est là. Mais avec de telles instrumentations, c’est impossible. Crazy Country Hop est peut-être son pire travail à ce stade et conclut dans l’horreur un album de déclin.

1985      Behind the Sun. Difficile d’élire le plus horrible ici : le son est catastrophique, avec des machines à la place de la batterie, des synthétiseurs cauchemardesques et un pur son de fête foraine ‘80s. C’est produit par Phil Colinns, et il n’a pas de quoi être fier. On trouve ici une reprise de Knock on Wood sans intérêt, Tangled in love est une abomination. 20 ans après des débuts flamboyants Clapton a anéanti toute sa grâce.

1986      August a tous les défauts du précédent, inutile de tirer sur une ambulance.

1989      Journeyman a un son horriblement ‘80s mais parvient à être moins catastrophique que les 2 d’avant : un bon tiers de l’album est audible. Hard times surnage comme une cerise confite au milieu d’une glace fondue. A ce stade il est difficile de ne pas le penser : God is dead.

1992      Unplugged. MTV ressuscite Clapton, c’est complètement inespéré à ce stade et doté d’une musicalité fantastique. Le chant et le jeu de guitare donnent la chair de poule, les chœurs et le piano sont parfaits. Ce n’est pas rock ou rugueux, mais que c’est bon.

1994      From the Cradle est genial, imparable, illustre et efface d’un coup une décennie abominable en réinstallant Clapton tout en haut de la musique.

1998      Pilgrim. Après 2 albums incroyablement inspirés, c’est l’accident industriel, à classer directement dans une poubelle.

2000      Riding with the King est un excellent album qui se concentre sur l’essentiel : le (très très) bon blues.

2001      Reptile a un son correct si vous aimez les chansons lentes et lorgnant vers la country.

2004      Me and Mr. Johnson : rien à redire ici, c’est intemporel et très bien fait.

2004      Sessions for Robert J est la suite du precedent, et très bon.

2005      Back Home : s’il n’atteint pas les abîmes de la période ‘80s, est insoutenablement pénible à l’écoute, évoquant les passages les plus commerciaux et les moins inspirés de Dire Straits.

2006      The Road to Escondido avec JJ Cale est dispensable et plus orienté country.

2009      Live from Madison Square Garden : l’homme est en forme et fait ce qu’il sait faire. Le son est bon.

2010      Clapton, singularité dans sa discographie, sonne différemment de tout le reste, avec une touche beaucoup plus jazz. Réussi et touchant.

2013      Old Sock, pas terrible en effet. La seule chose remarquable de ce disque est sa pochette, invraisemblablement laide : un selfie immonde à chapeau, volontairement cheap, laid, et atrocement optimiste.

2014      The Breeze – An appreciation of JJ Cale. Ceci est plus original, avec de vraies belles choses de Knopfler.

2016      I Still Do n’apporte rien à tout le reste, un dernier album sans intérêt avant une renaissance ?

Ceci est écrit par un fan bien sûr. Au-delà de la série de looks incroyables je reconnais un côté vraiment énervant à ce guitariste phénoménal, à ce chanteur magique, à ce songwriter inspiré et souvent bouleversant, et qui appelait le devoir d’inventaire. Les 14 albums en gras ci-dessus sont une image de la perfection, et à ces chansons s’ajoutent plus de 70 chefs d’œuvre éparpillés dans les autres disques audibles, soit plus de 200 morceaux de maître, en attendant ceux à venir !

Tout est complexe

Ca se passe à la caisse du supermarché, ma chère et tendre me plante avec ses emplettes pour que les règle, et après une longue attente la caissière est maussade :

« Bonjour.

— Bonjour, tout va bien ?

—  Ne me perturbez pas ! Déjà qu’ils m’ont tout changé !

— Ils ont… quoi ?

— Tout recomposé, c’est le mot officiel ! Maintenant taisez-vous, c’est assez difficile comme ça ! Alors, 275, 288 ou 292… »

Elle repart dans ses calculs, plonge sa tête entre ses bras avec une profonde inspiration, reste comme ça 2 minutes, relève la tête d’un coup et j’hésite entre mon envie de pleurer et la tentation d’éclater de rire. Son œil est mauvais à l’instant où elle me demande :

« On avait dit combien ?

— Euh, je ne suis pas sûr…

— Ah non ! Je viens de vous donner le chiffre ! J’en ai besoin pour faire ma soustraction ! Je vous avais dit de le retenir !

— C’était 288 ou 292, je pense. C’est de ça que vous parlez ?

— Bref, vous ne savez pas ! Alors ça ne sert à rien de faire le mariole !

— Désolé.

— Bon, je reviens. »

Elle part et bien sûr elle ne revient jamais. Très longtemps après mon épouse me retrouve et me demande si c’est fini. Je lève les épaules en signe de désespoir et d’incompréhension. Elle m’engueule bien sûr : « il n’y a qu’avec toi que… »

Je m’enfuis dans l’application de voyage sur mon smartphone. Un instant, nous recherchons parmi plus de 271 000 hôtels…

Des machines qui tuent

1/ Quatre-vingts vaches laitières : Ca se passe en mai 2015, au GAEC de la Route du Basalte à Bussy-Albieux dans le Forez, dans la nuit de samedi à dimanche. Un tuyau de distribution automatique du concentré d’aliment se déboîte. Le produit, toxique à haute dose, s’amoncelle au le sol. Les animaux se servent copieusement. Bilan : 80 vaches mortes.

Richard Müller – Death Struggle

2/ C’est le 29 juin 2015, en Allemagne, près de Kassel. Un ouvrier de Volkswagen âgé de 22 ans est tué par un robot en installant une chaîne de production. C’est le 21 décembre 2007, un ouvrier se fait écraser par une presse de 32 tonnes à l’usine d’emboutissage de PSA à Sochaux. C’est le 15 avril 2015 : un électricien de l’équipementier automobile Saint-Jean-Industries dans le Maine et Loire a le thorax et la tête écrasés entre deux robots alors qu’il effectue une opération de maintenance. Il survit.

Le 25 janvier 1979 Robert Williams est le premier cas de mort liée à un robot sur le lieu du travail, dans une usine Ford du Michigan. Depuis 25 autres cas sont signalés aux US en 30 ans. Au Japon, le 4 juillet 1981 l’ingénieur Kenji Urada, 37 ans, est tué par un robot dans une usine Mitsubishi. Vous avez dit Terminator ?

3/ Therac-25 était une machine de radiothérapiefranco-canadienne. Entre 1985 et 1987, le Therac-25 irradia massivement au moins six patients, dont au moins cinq patients moururent. La machine offrait deux niveaux d’irradiation, l’un faible, l’autre 100 fois plus puissant et demandant l’interposition d’un bouclier de tungstène entre le patient et la source. Les patients furent irradiés à la puissance maximale, mais sans le bouclier. Le mécanisme est simple : l’opérateur démarre avec la dose maximale et le bouclier, puis se ravise pour administrer la faible dose. Quand il réinitialise la machine, le bouclier se retire et la source reste à pleine puissance. Chez Marvel et dans les années 60, ceci aurait pu être la base de pouvoirs incroyables. Triste réalité que la nôtre : pas de superpouvoirs et 5 décès.

21/1/2016 – Interview Thomas R.

Comment t’appelles-tu et quel est ton métier ? Je m’appelle Thomas. J’ai une entreprise de plomberie et chauffage. Je suis né le 2 mars 1977 à la clinique d’Alençon, je suis donc poisson.

 Que penses-tu de ton signe astrologique ? D’après ce que les gens disent ça me caractérise assez bien : taiseux, insaisissable entre deux eaux, filant !

Quel métier te faisait rêver quand tu étais petit ? Quand j’étais petit je voulais être pilote d’avion. Une certaine idée de l’impossible : voler ce n’est pas très naturel.

Quel est ton endroit préféré ? J’aimais bien mon Orme à la campagne, ma maison en Corse, la maison d’un proche dans les Côtes-d’Armor. J’aime l’endroit où je vis à Fleury sur Orne. En 2017, si j’ai envie de me ressourcer, je reste chez moi.

Une anecdote que les gens ne connaissent pas sur toi ? Dans le passé je prenais des cours de planeur et j’ai découvert qu’il fallait mettre un parachute – et bien sûr prier pour que ça ne se casse pas la gueule !

A quoi es-tu accro ? Je suis accro à plein de trucs. Je suis accro à ma femme, tiens.

Qu’est-ce que tu détestes ? J’aime de moins en moins l’intolérance, les gens racistes et les gens bêtes.

Que préfères-tu dans ton métier ? Le relationnel.

Qu’est-ce que tu aimerais savoir mieux faire ? L’amour !

Sur quoi es-tu pessimiste ? Je n’ai jamais été très optimiste sur genre humain. Les gens en masse me font peur, comme les orateurs qui arrivent à galvaniser des foules avec des slogans à la con.

La première fois où tu as vraiment trop bu ? A 16 ans je me suis déchiré avec ma cousine Céline à Champfrémont avec une bouteille de whisky. Il y avait un autre mec, je suis totalement incapable de me souvenir de qui c’était.

Et la dernière ? J’ai fait une soirée cocktail chez moi à un retour de Corse il y a 4 ans et j’ai vraiment été très très mal. Je recevais une dizaine de personnes chez moi ; à minuit je suis allée me coucher et je n’étais même plus capable de dire au revoir aux gens. Je n’arrivais plus à articuler !

Tu préfères être une femme ou un homme ? Ecoute on n’a pas le choix, elle est un petit peu comme cette question ! Je suis un homme, j’accepte ma condition. J’aurais été curieux de savoir ce que ça fait de l’autre côté.

Une personne influente que tu admires ? Albert Camus.

Dirais-tu que tu es chanceux ou malchanceux ? Très chanceux ! J’ai des amis exceptionnels, une femme exceptionnelle, des enfants au top et en bonne santé, tout va bien ! Ca m’est arrivé de m’épanouir dans mon taf. J’aimerais m’épanouir un peu plus intellectuellement, avoir le temps de lire. Mais j’y travaille en ce moment.

Si tu étais le roi du monde, tu ferais quoi ? Je laisserais un petit peu le bordel comme ça, mais en répartissant mieux les richesses, en valorisant plus le travail.

Est-ce que tu aimes frimer et faire des envieux ? J’adore ! J’adore sortir une grosse liasse et faire des envieux.

Est-ce qu’un bon perdant, c’est quelqu’un qui a l’habitude ? Moi je suis quand même assez mauvais joueur mais la vie fait que par la force des choses tu dois être bon perdant. Sinon tu ne t’en sors pas.

Quand est-ce que tu as le plus l’impression d’être toi-même ? Face à quelque chose qui m’impressionne et qui me dépasse : la mer, la nature.

Qui plains-tu ? J’ai tendance à ne plaindre personne. Je n’ai pas envie de plaindre les gens malgré l’adversité, ce n’est pas mon état d’esprit.

Quelle question espères-tu que je ne pose pas ? Aucune. Tu peux poser toutes les questions que tu veux.

Qu’est-ce qui change dans ta vie en ce moment ? J’en prends un peu plein la gueule en ce moment. J’ai moins d’aisance par rapport à l’argent, ça change mes vacances et la façon dont je peux profiter de mon travail. Après, tout est relatif.

3 personnes que tu aimerais rencontrer ? Angela Merkel ! Est-ce que je lui serais polisson ? Peut-être pas quand même ! Éric Cantona : il me plaît bien, il a un peu de gueule. Édouard Baer, il est très éloquent, il manie bien le français et il est très coquin.

La plus grande menace pour le monde actuel ? La démographie.

 Es-tu joueur, et à quoi ? A quoi j’aime jouer ? j’aime jouer avec ma vie, avec les gens que je rencontre, je vois jusqu’où ça peut me mener. Souvent je suis un peu déçu quand même.

 3 mots pour te définir ? Insouciance, joie de vivre et bordel !

Rien ne se passe comme prévu

Une sélection de bugs et piratages récents.

1/ Explosion du lanceur (fusée) Falcon 9 (SpaceX) le 1er septembre 2016 en Floride. L’enquête conclut à un défaut de structure du réservoir d’hélium à 350 bars. L’explosion a détruit le lanceur de 333 tonnes, le satellite Amos-6 de 200 millions de $, et endommagé le pas de tir. Les lancements de SpaceX ont repris en janvier 2017.

2/ Crash de Schiaparelli

Le 29 octobre 2016, la sonde Schiaparelli lancée le 14 mars atteint Mars comme prévu. Elle coupe ses rétrofusées à 3,7 km d’altitude avant de heurter le sol de la planète rouge à 540 km/h. A moins de 30 secondes près, c’est un échec, et un coup dur pour le programme ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne, de plus d’un milliard d’euros. C’est aussi une réussite partielle avec la mise en orbite martienne du Trace Gas Orbiter.

3/ Le galaxy note 7 devait être le meilleur smartphone du monde en août 2016, remet au goût du jour l’idée de combustion spontanée, mettant le feu à une voiture, un adolescent, une moquette d’avion, une maison…. Rappel de 2,5 M unités. Le refrain devient connu : Overboard qui prend feu, iphone, Tesla S, et quelques autres téléphones Samsung d’ailleurs : le coupable, c’est la batterie

4/ Le 24 mars 2016, le chatbot Tay dérape et part en vrille raciste / antiféministe, voyez plutôt :

Une intelligence artificielle qui se met à détester les hommes (et les femmes) et veut la guerre ? Qui d’autre pense à Terminator ?

5/ Quelques piratages récents :

  • Deux piratages subis par Yahoo! dans le passé ont été dévoilés en septembre (un milliard de comptes) et décembre 2016 (500 millions de comptes). C’est le plus gros piratage de comptes de l’histoire. Même chose en mai avec plus de 400 millions de comptes MySpace et 60 millions d’identifiants Tumblr.
  • Le piratage s’est aussi invité dans la campagne présidentielle US, avec la révélation de milliers de conversations internes de l’équipe Clinton. Le piratage des objets connectés a fait parler de lui en 2016 avec des attaques par déni de service lancées notamment depuis des caméras, babyphones, lecteurs DVD, jouets connectés. Quelques exemples de victimes : Twitter, Netflix, Spotify, PlayStation, NY Times.
  • Une base de données contenant 117 millions de mots de passe et identifiants LinkedIn a été mise en vente 2000 € par des pirates en 2016

 

 

 

 

 

News – Mars 16 à janvier 17 – Autres

Autres éléments d’attention en rattrapant l’actualité :

1/ Le réchauffement climatique ouvre de nouvelles possibilités pour l’Arctique, réveillant les appétits US et russes comme ceux du Canada, du Danemark et de la Norvège, voire de l’Islande, la Finlande et la Suède. Tous fantasment sur les ressources minières, énergétiques et forestières potentielles, et le développement de nouvelles routes maritimes. Le contournement de l’Asie par le Nord-Est est en croissance soutenue : 23 fois plus emprunté en 4 ans. A quand la première marée noire en Arctique ?

2/ Les administrations cherchent de l’argent, la saison est bonne pour les amendes :

  • 13 Mds € pour Apple en août (impôts non payés)
  • 2,9 Mds € pour 6 constructeurs de camions européens en juillet (entente sur les prix)
  • Amende US de 12 Mds $ pour Deutsche Bank et Crédit Suisse pour leur rôle dans la crise des subprimes
  • Amende d’un milliard d’euros pour Colgate-Palmolive, Unilever, Procter & Gamble, Gillette, L’Oréal, Nivea pour entente sur les prix en octobre 2016
  • Volkswagen paie 22 Mds $ aux US pour avoir triché sur la mesure de la pollution de ses voitures.

3/ L’élection de Rodrigo Duterte aux Philippines le 30 juin 2016. Outre sa politique originale d’appel au meurtre vis-à-vis des drogués ou sa participation revendiquée à des escadrons de la mort, il se distingue par ses insultes envers, notamment : l’Union Européenne, l’ambassadeur US de son pays, Barack Obama et le pape.

4/ La poursuite des fusions-acquisitions

  • Microsoft achète Linkedin pour 26 Mds $
  • AT&T achète Time Warner 86 Mds $
  • British American Tobacco achète Reynolds 49 Mds $
  • Bayer achète Monsanto pour 66 Mds $
  • La FNAC rachète Darty pour 1 Md €

5/ Quelques morts célèbres : Prince, Umberto Eco, Leonard Cohen, Michel Rocard, Maurice Dantec, Marcel Gotlib, Fidel Castro, Donald Henderson, qui a éradiqué la variole, Mohamed Ali.

6/ Divers

  • 70% du territoire afghan est au mains des Taliban (sans s)
  • La France est passée sous le seuil de 2 enfants par femme : 1,93 en 2016.
  • Juin 16 : élargissement du canal de Panama se termine après 9 ans de travaux et 4 Mds $ de dépenses
  • 2016 est aussi l’année des méchants clowns : grande peur des clowns en août, fermetures d’écoles dans l’Ohio, signalements de clowns effrayants dans plus de 40 états US puis au Royaume-Uni
  • Le rétro a la cote : 1 Md $ de marché prévu pour le disque vinyle en 2017 (7% des ventes de musique), retour du Polaroïd…

On ne parle pas de : Barroso, président US, Brexit, Turquie, Moyen-Orient, jeux olympiques, Hanouna, Matthew, migrants, Panama Papers, Morandini, Nuit Debout.

News – Mars 16 à janvier 17 – Technologie

En compulsant 11 mois de news, frappé par l’omniprésence de la technologie.

On parle réalité virtuelle et réalité augmentée (avec un premier succès nommé Pokemon Go à son actif), nouvelles interfaces homme / machine, progrès de la reconnaissance vocale, véhicules autonomes et drones (et approvisionnement par drone), intelligence artificielle, 5G et objets connectés.

Répartissons les objets connectés en quelques catégories pour la compréhension :

  • Ceux qui promettent pour le grand public à court terme : caméras de surveillance, alarmes de maison, dash button Amazon (réapprovisionnement d’un produit donné par pression sur un bouton unique), drones, montres, détecteur de collision de voiture prévenant le SAMU, capteurs pour ne plus perdre ses objets, voitures bien sûr
  • Toutes sortes de capteurs pour les usines, le forage, l’armée (on n’a pas fini de parler de drones), les routes, l’énergie, les hôtels, les immeubles intelligents
  • Anecdotiques : pots de fleurs connectés, pommeaux de douche, thermomètre conecté, balance, brosse à dents, parapluie.

Depuis mars 2016 et la livraison de l’imprimante AMF sur la Station Spatiale Internationale (ISS), l’impression 3D permet aux astronautes de réparer leurs outils eux-mêmes. Pour l’anecdote l’ISS (400 tonnes, 110 m de longueur, occupée en permanence depuis 2000, pour un coût de 115 Mds $) est ravitaillée par une capsule Cygnus, approvisionnant sans pilote la station orbitant à 350 km de la Terre.

En novembre 2016 ont lieu les premiers tests cliniques de rectification de l’ADN d’un adulte en Chine.

le Salk Institute californien annonce en janvier 2017 avoir implanté des cellules humaines dans des embryons de porc, premier pas vers la génération d’organes de remplacement humain dans des cochons.

Le 26 juillet 2016 Solar Impulse 2 atteint Abu Dhabi et conclut un tour du monde 43 000 km sans carburant, commencé le 9 mars 2015. Il a notamment relié sans escale Nagoya (Japon) à Honolulu (Hawai), soit 7200 km en 5 jours.

Les oculus rift et autres casques de réalité virtuelle commencent à se vendre. Qui se rappelle eXistenZ de Cronenberg ?

 

Histoires de papes

La liste des papes apparaît dans l’Annuaire Pontifical, publié chaque année et depuis 1912 par le bureau central de statistiques du Saint-Siège. En 2016 la liste compte 266 individus, de Pierre à François.

L’histoire des papes présente quelques singularités remarquables :

– Le pape Etienne, élu en mars 752, connaît un pontificat de 3 jours avant sa mort. Du reste il a quitté la liste des papes depuis 1961.
– Un peu plus de 100 ans après Etienne, le pape Philippe bat son record en 768, avec une unique journée de pontificat : il est déposé le soir même et laisse la place à Etienne III. Lui non plus n’est pas dans la liste.
– Si de nombreux papes sont élus assez âgés, Benoît IX brille par sa précocité : il a au plus 20 ans lors de son accession à la fonction en 1032. Autre fait remarquable : il est 3 fois pape, successivement. Il doit d’abord fuir Rome en 1044, et Sylvestre III le remplace en janvier 1045. Benoît IX l’excommunie en conséquence et redevient pape au mois de mars. Deux mois plus tard, il laisse la fonction à son oncle qui devient Grégoire VI. Dans un come-back digne de Charles Aznavour, Benoît IX reprend son titre en novembre 1047. En juillet 1048 l’empereur se prononce contre lui et fait élire Léon IX, qui s’empresse d’excommunier Benoît IX. A la mort de celui-là en avril 1054, Benoît IX tente un nouveau retour mais ne parvient pas à retrouver son trône.
– En 1409 : 3 papes sont déclarés simultanément : Grégoire XII, Benoît XIII et Alexandre V. Ces 2 derniers sont considérés aujourd’hui comme des antipapes, et non présents dans la liste.
– Arthur Ramiandrisoa a eu le bac à 11 ans en 1989. En 955, Jean XII est élu pape. Il a (selon les sources) 16 à 18 ans.
– Alexandre VI Borgia est une véritable star : pape de 1492 à 1503, il partage le Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal en 1493, reconnaît 6 enfants (dont César et Lucrèce), crée un énorme scandale le 31 octobre 1501 en organisant une orgie mémorable en compagnie de ses propres enfants. Avec ça il est un mécène généreux et un administrateur doué.

La nature aussi !

1/ La girafe accouche debout, ce qui n’est pas sans risque : le girafon commence son existence par une jolie chute de plus de deux mètres, et il arrive qu’il se brise le cou dans l’opération.

2/ Les fourmis légionnaires sont pratiquement aveugles et se suivent grâce à des phéromones de piste laissant une marque au sol. Parfois, le système bugge, dans un phénomène connu sous le doux nom de « spirale de la mort », et les fourmis se mettent à tourner en rond, sur plusieurs centaines de mètres. L’explication n’est pas connue, mais quand la boucle est formée, les fourmis tournent jusqu’à la mort.

3/ Le jeu vidéo Lemmings de 1991 (psygnosis) a fortement contribué à faire connaître l’animal du même nom, rongeur scandinave de 100 grammes célèbres pour ses migrations de masse. Le lemming saute à la mer lorsque l’espace manque. S’il est chanceux, il a assez de force pour atteindre à la nage un autre territoire. Les mauvaises âmes disent que l’opération ressemble à un suicide collectif – mais jugez-en plutôt :