Tout est complexe

Ca se passe à la caisse du supermarché, ma chère et tendre me plante avec ses emplettes pour que les règle, et après une longue attente la caissière est maussade :

« Bonjour.

— Bonjour, tout va bien ?

—  Ne me perturbez pas ! Déjà qu’ils m’ont tout changé !

— Ils ont… quoi ?

— Tout recomposé, c’est le mot officiel ! Maintenant taisez-vous, c’est assez difficile comme ça ! Alors, 275, 288 ou 292… »

Elle repart dans ses calculs, plonge sa tête entre ses bras avec une profonde inspiration, reste comme ça 2 minutes, relève la tête d’un coup et j’hésite entre mon envie de pleurer et la tentation d’éclater de rire. Son œil est mauvais à l’instant où elle me demande :

« On avait dit combien ?

— Euh, je ne suis pas sûr…

— Ah non ! Je viens de vous donner le chiffre ! J’en ai besoin pour faire ma soustraction ! Je vous avais dit de le retenir !

— C’était 288 ou 292, je pense. C’est de ça que vous parlez ?

— Bref, vous ne savez pas ! Alors ça ne sert à rien de faire le mariole !

— Désolé.

— Bon, je reviens. »

Elle part et bien sûr elle ne revient jamais. Très longtemps après mon épouse me retrouve et me demande si c’est fini. Je lève les épaules en signe de désespoir et d’incompréhension. Elle m’engueule bien sûr : « il n’y a qu’avec toi que… »

Je m’enfuis dans l’application de voyage sur mon smartphone. Un instant, nous recherchons parmi plus de 271 000 hôtels…

Des machines qui tuent

1/ Quatre-vingts vaches laitières : Ca se passe en mai 2015, au GAEC de la Route du Basalte à Bussy-Albieux dans le Forez, dans la nuit de samedi à dimanche. Un tuyau de distribution automatique du concentré d’aliment se déboîte. Le produit, toxique à haute dose, s’amoncelle au le sol. Les animaux se servent copieusement. Bilan : 80 vaches mortes.

Richard Müller – Death Struggle

2/ C’est le 29 juin 2015, en Allemagne, près de Kassel. Un ouvrier de Volkswagen âgé de 22 ans est tué par un robot en installant une chaîne de production. C’est le 21 décembre 2007, un ouvrier se fait écraser par une presse de 32 tonnes à l’usine d’emboutissage de PSA à Sochaux. C’est le 15 avril 2015 : un électricien de l’équipementier automobile Saint-Jean-Industries dans le Maine et Loire a le thorax et la tête écrasés entre deux robots alors qu’il effectue une opération de maintenance. Il survit.

Le 25 janvier 1979 Robert Williams est le premier cas de mort liée à un robot sur le lieu du travail, dans une usine Ford du Michigan. Depuis 25 autres cas sont signalés aux US en 30 ans. Au Japon, le 4 juillet 1981 l’ingénieur Kenji Urada, 37 ans, est tué par un robot dans une usine Mitsubishi. Vous avez dit Terminator ?

3/ Therac-25 était une machine de radiothérapiefranco-canadienne. Entre 1985 et 1987, le Therac-25 irradia massivement au moins six patients, dont au moins cinq patients moururent. La machine offrait deux niveaux d’irradiation, l’un faible, l’autre 100 fois plus puissant et demandant l’interposition d’un bouclier de tungstène entre le patient et la source. Les patients furent irradiés à la puissance maximale, mais sans le bouclier. Le mécanisme est simple : l’opérateur démarre avec la dose maximale et le bouclier, puis se ravise pour administrer la faible dose. Quand il réinitialise la machine, le bouclier se retire et la source reste à pleine puissance. Chez Marvel et dans les années 60, ceci aurait pu être la base de pouvoirs incroyables. Triste réalité que la nôtre : pas de superpouvoirs et 5 décès.

Rien ne se passe comme prévu

Une sélection de bugs et piratages récents.

1/ Explosion du lanceur (fusée) Falcon 9 (SpaceX) le 1er septembre 2016 en Floride. L’enquête conclut à un défaut de structure du réservoir d’hélium à 350 bars. L’explosion a détruit le lanceur de 333 tonnes, le satellite Amos-6 de 200 millions de $, et endommagé le pas de tir. Les lancements de SpaceX ont repris en janvier 2017.

2/ Crash de Schiaparelli

Le 29 octobre 2016, la sonde Schiaparelli lancée le 14 mars atteint Mars comme prévu. Elle coupe ses rétrofusées à 3,7 km d’altitude avant de heurter le sol de la planète rouge à 540 km/h. A moins de 30 secondes près, c’est un échec, et un coup dur pour le programme ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne, de plus d’un milliard d’euros. C’est aussi une réussite partielle avec la mise en orbite martienne du Trace Gas Orbiter.

3/ Le galaxy note 7 devait être le meilleur smartphone du monde en août 2016, remet au goût du jour l’idée de combustion spontanée, mettant le feu à une voiture, un adolescent, une moquette d’avion, une maison…. Rappel de 2,5 M unités. Le refrain devient connu : Overboard qui prend feu, iphone, Tesla S, et quelques autres téléphones Samsung d’ailleurs : le coupable, c’est la batterie

4/ Le 24 mars 2016, le chatbot Tay dérape et part en vrille raciste / antiféministe, voyez plutôt :

Une intelligence artificielle qui se met à détester les hommes (et les femmes) et veut la guerre ? Qui d’autre pense à Terminator ?

5/ Quelques piratages récents :

  • Deux piratages subis par Yahoo! dans le passé ont été dévoilés en septembre (un milliard de comptes) et décembre 2016 (500 millions de comptes). C’est le plus gros piratage de comptes de l’histoire. Même chose en mai avec plus de 400 millions de comptes MySpace et 60 millions d’identifiants Tumblr.
  • Le piratage s’est aussi invité dans la campagne présidentielle US, avec la révélation de milliers de conversations internes de l’équipe Clinton. Le piratage des objets connectés a fait parler de lui en 2016 avec des attaques par déni de service lancées notamment depuis des caméras, babyphones, lecteurs DVD, jouets connectés. Quelques exemples de victimes : Twitter, Netflix, Spotify, PlayStation, NY Times.
  • Une base de données contenant 117 millions de mots de passe et identifiants LinkedIn a été mise en vente 2000 € par des pirates en 2016

 

 

 

 

 

La nature aussi !

1/ La girafe accouche debout, ce qui n’est pas sans risque : le girafon commence son existence par une jolie chute de plus de deux mètres, et il arrive qu’il se brise le cou dans l’opération.

2/ Les fourmis légionnaires sont pratiquement aveugles et se suivent grâce à des phéromones de piste laissant une marque au sol. Parfois, le système bugge, dans un phénomène connu sous le doux nom de « spirale de la mort », et les fourmis se mettent à tourner en rond, sur plusieurs centaines de mètres. L’explication n’est pas connue, mais quand la boucle est formée, les fourmis tournent jusqu’à la mort.

3/ Le jeu vidéo Lemmings de 1991 (psygnosis) a fortement contribué à faire connaître l’animal du même nom, rongeur scandinave de 100 grammes célèbres pour ses migrations de masse. Le lemming saute à la mer lorsque l’espace manque. S’il est chanceux, il a assez de force pour atteindre à la nage un autre territoire. Les mauvaises âmes disent que l’opération ressemble à un suicide collectif – mais jugez-en plutôt :

L’humain bugge

1/ Au XIXe siècle, le mathématicien William Shanks (1812-1882) passa plus de 15 ans de sa vie à calculer à la main 707 décimales de Pi. Les décimales furent inscrites au-dessus des murs de la salle pi, pour l’inauguration du Palais de la Découverte de Paris en 1937. Mais seules les 527 premières étaient correctes. L’erreur fut corrigée au milieu des années 40 par Ferguson, puis rectifiée au Palais de la Découverte.
En 2009 Fabrice Bellard a calculé à l’aide d’un ordinateur 2700 milliards de décimales de Pi. A la fin 2016 le record est à 22 459 milliards de décimales. Mais sont-elles justes ?

2/ Le 23 mars 1994 Le vol 593 Aeroflot qui devait relier Moscou et Hong Kong s’est écrasé en phase de croisière, avec 63 passagers et 12 membres d’équipage.
L’analyse du crash a révélé que le commandant de bord, Yaroslav Kudrinsky, a invité ses enfants dans la cabine, et les a laissés prendre les commandes. Son fils de 15 ans joue avec le manche et perturbe le cap de l’avion, faisant passer les ailerons en manuel. Le pilote automatique conserve le reste des commandes et fait tourner de plus en plus fort l’avion pour compenser. Quand le commandant de bord s’aperçoit du problème, il est trop tard : l’inclinaison de l’avion est trop forte et il chute violemment.
Avec la violence de la chute il est très difficile de regagner le contrôle de l’appareil, le commandant y parvient, mais trop tard. L’appareil heurte le sol à 250 km/h. Les 75 occupants de l’Airbus meurent.
L’enquête a fait apparaître que l’action humaine des pilotes pour tenter de redresser l’avion a aggravé la situation : l’autopilote aurait probablement évité le drame s’il avait agi seul.

Objets en mouvement

Dormez tranquilles, braves gens ; l’ingénieur s’occupe de tout.

1/ Le 23 juillet 1983, un Boeing 767 d’Air Canada s’est retrouvé sans carburant à 12,5 km du sol pour deux raisons triviales : d’une part, la jauge de carburant de l’avion était défectueuse. Et puis le Canada était en plein passage au système métrique. Pour un très simple problème de lecture en livre et non en kilogrammes, le vol 143, avec 61 passagers et 8 membres d’équipage, reçut moins de la moitié de la dose nécessaire. Détail piquant : les 2 moteurs arrêtés, l’avion est sans électricité, ce qui rend inutilisables les indicateurs électroniques. Les 2 pilotes, Bob Pearson et Maurice Quintal, dotés d’un sang-froid appréciable, descendent en planant vers l’ancienne base militaire de Gimli (ça ne s’invente pas), alors dédié à une course de dragsters, ce que les pilotes ignorent.

Ils posèrent l’avion, tous les passagers restèrent en vie, et aucun manifestant ne fut touché.

2/ La principale qualité d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engin, c’est la discrétion. Aussi indétectables l’un que l’autre, et par un accident malheureux, le Triomphant (français, 138 mètres, 111 marins) et le HMS Vanguard (britannique, 150 mètres, 135 hommes), chacun porteur d’ogives nucléaires permettant plusieurs milliers d’Hiroshima, allèrent à vitesse réduite et bien involontairement au contact dans la nuit du 3 au 4 février 2009, en plein Océan Atlantique. Bilan : 50 millions de livres de travaux pour les 2 engins, pas de blessé.

Une petite dizaine de sous-marins de ce type se partagent tout l’Océan Atlantique.

Pour la petite histoire le Triomphant (97) a succédé au Redoutable (71), au Terrible (73), au Foudroyant (74), à l’indomptable (76), au Tonnant (80) et à l’Inflexible (85). Quoiqu’un peu piteux au retour, le Triomphant s’en sort bien. Pour mémoire :
– Le (gigantesque) Koursk coule en août 2000 suite à l’explosion accidentelle de plusieurs torpilles, faisant 118 morts.
– Le sous-marin US USS Greeneville coule le 9 février 2001 un chalutier-école nippon, l’ Ehime-Maru, près de Hawaï, faisant 9 morts parmi les marins du bateau.
– En mai 2003, les moteurs du sous-marin chinois Ming 361 consomment tout l’oxygène du vaisseau, exterminant l’équipe (70 personnes) au large de la Chine.
– Le sous-marin indien INS Sindhurakshak coule le 14 août 2013 au mouillage à Mumbai, suite à un incendie qui déclenche l’explosion de torpilles, endommageant un sous-marin voisin et causant plusieurs morts.

3/ Une semaine après la collision du Triomphant et du HMS Vanguard, le 10 février 2009, 2 satellites se percutent et se détruisent mutuellement à 800 km d’altitude et à plus de 42 000 km/h au-dessus de la Sibérie, l’Iridium 33 (actif jusqu’à la collision) et le Kosmos-2251 (inactif).

4/ Le 26 septembre 1983 un lieutenant-colonel russe, Stanislav Petrov, sauva le monde d’une guerre nucléaire depuis son bunker secret près de Moscou. Le satellite de défense Cosmos 1382 lui indiqua ce jour-là, à tort, 5 lancements de missiles américains vers l’URSS. Il choisit d’informer ses supérieurs qu’il s’agissait probablement d’une fausse alerte. Rien ne s’ensuivit, l’affaire fut révélée en 1998.

5/ Le système métrique aura causé la perte de la sonde Mars Climate Orbiter le 23 septembre 1999. Après un voyage de 9 mois et plus de 400 millions de kilomètres, la sonde de la NASA s’est désintégrée dans l’atmosphère de la planète rouge, dont elle devait observer le climat, ou bien perdue dans l’espace.

En cause : une mauvaise communication entre deux parties du système de guidage : les propulseurs utilisaient le système métrique et attendaient des Newton, le logiciel préférait le système d’unités anglais et fournissait des livres (4,48 Newtons), chaque petit échange d’information déviait un peu la sonde. Perte totale de l’opération, en incluant sa petite sœur Mars Polar Lander, perdue le 3 décembre 1999, vraisemblablement à cause d’un problème informatique : 327 millions de dollars.

Dormez tranquilles.

Lécheurs-tourneurs

Ceux-ci lèchent leur doigt toutes les 2 ou 3 pages, il est difficile de ne pas le remarquer, de ne pas évoquer, tout ensemble :
– La pensée de la rampe de l’escalier ou de la barre verticale du métro qu’ils viennent d’emprunter, sur laquelle ils ont posé ce même doigt, rampe ou barre touchée dans les 2 heures qui précèdent par 2000 mains couvertes de bactéries variées
– La dizaine de mains qu’ils viennent de serrer
– Le Nom de la Rose bien sûr, et le moine agonisant, la langue et le doigt bleus, couverts d’encre et de poison déposé sur le coin des pages à l’attention express des lécheurs-tourneurs

Les lécheurs-tourneurs sont plus ou moins névrosés, certains lèchent le doigt à chaque page, parfois plus souvent même, ce sont les plus névrotiques du lot, leur visage est parcouru de mille expressions faciales et semble le ciel remuant de Brest à la fin de l’hiver, à chaque instant remué. Ils semblent souffrir intensément. D’autres lèchent à intervalles de temps donné, les yeux dans le vide, plus absorbés par le rythme hypnotique du tournage-léchage que par le texte sur les pages.

Comme des dinosaures trop lourds et cuirassés pour une époque moderne, les lécheurs-tourneurs sont touchants par leur inadaptation criarde.

Pour une part nous leur ressemblons tous, avec nos tics et nos tocs, notre consultation frénétique d’objets connectés, nos toussotements, nos mouvements de vérification de bonne remise en ordre à la sortie des endroits d’aisance.

Pour une autre part, ils sont plus inadaptés que la moyenne, et probablement appelés à un déclin rapide. Pensez-y quand vous les croiserez, ce sont les nouveaux dodos.

Robocop (Verhoeven, 1987)

Sans s’embarrasser du superflu – en ligne avec ses 13 M$ de budget, Robocop est entré tout droit dans la culture de masse, avec de vraies qualités.

Le film ouvre sur un journal télévisé, plantant très vite le décor : 31 meurtres de flics dans un Detroit désindustrialisé, gangréné par le chômage et le crime ; présentation du méchant Clarence Boddicker et de l’entreprise démoniaque : OCP. Le générique du journal mélange des images de missiles, de volcan en éruption, de foule en panique, de policiers armés et un coffrage musclé par un flic, avec le sourire extatique des 2 présentateurs. tout ceci dégouline de sympathie télégénique, entre une bombe nucléaire (française) à Pretoria et un bug dans la plateforme spatiale – Verhoeven adore ce qui bugge.

On enchaîne chez les flics : sergent incorruptible, arrivée du héros Murphy, son binôme féminin et ultraviolent Lewis, petite scène de vestiaire à la Verhoeven permettant de dénuder quelques seconds rôles.

Puis c’est un conseil d’administration de la multinationale, méchante comme l’époque les aime, pensez à Cyberdyne dans Terminator 2 (1992) ou The Company dans Alien (1979). Omni Consumer Products a plus ou moins privatisé la ville (dont la police et l’hôpital), et vise la construction d’une cité futuriste à la place de Old Detroit, aujourd’hui rongé par le crime. Pour ceci il leur faut un flic qui ne mange ni ne dort. Le robot Ed 209 manifeste un joli bug pendant la démonstration, ou un jeune cadre le braque avec un flingue, et ne remarque pas que le pauvre garçon jette l’arme sur la moquette. « Put down your weapon you have x seconds to comply », répète le gros crapaud mécanique, avant l’exécution à la mitrailleuse et remarquablement sanglante du jeune cadre terrifié (mais néanmoins dynamique). On valide le plan Robocop, il faut un volontaire.

Et c’est parti pour le meurtre vicieux de Murphy. Le cerveau, le visage et quelques organes du policier servent à la construction du cyborg, librement inspiré de Judge Dredd. Murphy rejoint le clan de Darth Vader (77), de Luke et son avant-bras mécanique, (80) de l’homme qui valait 3 milliards (mais seulement 6 millions en anglais, dès 74), Dr. Octopus (63), Donald Pierce (80), Wolverine (qui devient un cyborg après 75), Tony Stark (eh oui, c’en est un), Cable des X-Men et Lady Deathstrike, tous 2 en 86, et l’Inspecteur Gadget (83). Tout ça avant Tetsuo (Shinya Tsukamoto, 89), le Shrike d’Hyperion (89 aussi), Grievious (05), Bryan Fury (97), Yoshimitsu (94) et les Métabarons de 92 à 2003. Pour Terminator (84), on peut discuter : c’est plutôt un robot dissimulé sous des organes diront les puristes – mais refermons la parenthèse.

Pour la bonne mesure on lave le cerveau de Murphy, là aussi le résultat est imparfait. Après cet interlude la violence reprend : démonstrations de puissance du Robocop, arrestation musclée en boîte de nuit. Le méchant du film interrompt l’arriviste fêtant sa promotion avec 2 prostituées et beaucoup de cocaïne, lui tire 5 balles douloureuses dans les jambes, lui passe une vidéo de son rival « every game has a winner and a looser », et l’explose à la grenade pour faire bonne mesure. La scène de descente chez les malfrats est musclée, les 2 modèles de superflic s’affrontent sans affection, et puis arrivent les armes de guerre. Contre toute attente la fin est un atroce carnage. Mention spéciale et émue pour la chair qui fond d’Emil, méchant submergé dans les déchets toxiques – l’histoire et l’aspect du pauvre criminel font penser au Toxic Avenger de 1985. Mais l’humour n’est guère présent : en totale souffrance, un œil disparu, les ongles partis avec, Emil appelle à l’aide ses confrères gangsters bien peu altruistes avant de rencontrer une voiture qui le fait exploser comme une bombe à eau, en beaucoup, beaucoup plus sale.

Par-delà la violence Robocop montre un vrai soin des seconds rôles, des réactions humaines, des motifs des personnages, du détail : réactions horrifiées souvent, têtes passionnées des cadres en salle de réunion, guerres pour le pouvoir, fête d’entreprise endiablée pour le nouvel an vue par le cyborg, choix de couper le bras valide de Murphy pour que celui-ci soit plus efficace et convainquant, danseurs qui continuent de s’amuser quand l’un d’entre eux se fait sérieusement malmener, camaradie virile et discussions Business entre les 2 vrais méchants du film : celui de la Pègre et celui des bureaux. A chaque scène de violence devant lui un des cadres a un sourire de gosse. Et Robocop avale un brouet effrayant qui évoque (si vous êtes indulgent) de la nourriture de bébé.

L’apologie de la violence et de l’agressivité est efficace et volontairement outrée. « If you can’t stand the heat you’d better get out of the kitchen », dit le CEO, son bras droit est “un vrai requin” – ce qu’il prouve amplement par la suite avec l’intimidation réussie puis l’exécution de son rival. Quelques perles cyniques du requin en question : “I say good business is where you find it” et le très bon : « We had a guaranteed military sale with ED-209! Renovation programs! Spare parts for twenty-five years! Who cares if it works or not?!? ».

Cet humour dérangé (comme dans Basic Instinct ou Starship Troopers) fait le sel de cet immense succès cyberpunk, comportant une publicité pour un jeu de plateau familial sur guerre nucléaire et de fausses émissions vulgaires et stupides (« I’d buy that for a dollar! »).

La ville de Détroit s’est déclarée en faillite le 18 juillet 2013.

Mais où ai-je mis mon portefeuille ?

3 jours après il n’est toujours pas reparu. Je soupçonne une mauvaise manip, je l’ai peut-être oublié à l’accueil d’une tour ? Mais lequel ? Où bien je l’aurais laissé quelque part, à l’abri, pour ne pas prendre de risque ? dans un dossier ? Il est peut-être coincé derrière un meuble ? On me l’aurait volé ? Ou dans un pantalon ? A Bordeaux (j’en reviens) ? dans la voiture ? J’ai bien regardé sur la table de nuit ? Dans le salon ?

Je soupçonne la poubelle, un acte de malveillance, ma fille de 3 ans, je me dis qu’il a été mangé par des insectes, ou pris par un extra-terreste.

le gladiateur vaincuOu alors, va savoir, à force de parler de dématérisalisation ?