Rattrapage news – Jan 17 à août 18 – Tech – Transports / Energie / Ville

Transports

Depuis le temps qu’elle est attendue : la voiture volante arrive. Drone taxi Airbus (atterrissage et décollage vertical, vol pilote effectué sur 52 secondes en janvier 2018, modèles commerciaux prévus pour 2020), l’Allemand E-Volo a fait un vol autonome de quelques minutes avec son Volocopter (18 moteurs, 50 km/h pendant 30 minutes) pendant le CES de las Vegas en janvier 2018. Dubai annonce une flotte de taxis volants pour 2022, et des tests pour 2020 (comme à Dallas et Los Angeles). Rolls Royce annonce l’Evtol, qui devrait transporter 5 personnes, atteindre les 400 km/h et voler 800 km. Illustration pour Volocopter :

Le Flyboard air permet à un humain de voler debout à 150 km/h pendant 10 minutes, jusqu’à 3 000 m – mais se fait interdire de test en France en mars 2017.

Et pour finir la sea-bubble à Paris :

Hyperloop s’implante à Toulouse. En juillet 18 un prototype hyperloop munichois atteint les 466 km/h sur 1200 m en Californie. L’université de Jiatong du sud-ouest, à Chengdu (Sichuan) affirme développer une plateforme d’essais ferroviaires qui permettra aux trains de rouler à 1 500 km/h.

Pour 1,6 Mds € un tunnel de 27 km va relier en 2026 Bergen et Stavanger en Norvège, jusqu’à 392 m sous la mer. Le temps de trajet passera de 5 heures de bateau à 40 minutes de voiture.

Energies renouvelables

Rendement des cellules solaires : 400 GW dans le monde en 2017, contre 300 en 2016, et 99 GW en 2012. Les énergies renouvelables atteignent 19% de la consommation mondiale, dont 0,7% pour le solaire. Investissement dans le solaire en 2017 : 161 Mds $, dont la moitié pour la Chine.

La part de l’énergie renouvelable est en hausse en France (31% au 2ème trimestre, dont 2/3 d’hydroélectrique et un tiers de solaire / éolien et bioénergies).

Plusieurs voix parlent de décarboner l’atmosphère (dont Jennifer Wilcox), et l’entreprise Carbon Engineering parle de capture de C02 à 100 $ / t (contre 600 $ / t précédemment), en le transformant en combustible. Chiche ?

 

Villes

Neom : 26 000 km2 dédiés à la technologie par le prince héritier saoudien, pour 2030, avec uniquement le soleil et le vent pour sources d’énergie. Un rêve à 500 Mds $.

Smart city policière à Marseille pour fin 2020 : 2000 caméras (en attendant les drones), données de twitter et Fb, application de délation pour les citoyens, algorithmes de détection des comportements anormaux. Nice est dans la même ligne avec son projet de Safe City. George Orwell manquait de vision !

Comme déclaré par le ministre de l’intérieur Gérard Collomb le 8 juin 2018 : « En matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression. L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre »

Pour finir Toronto signe un accord à 40 millions de dollars (34 millions d’euros) pour que Sidewalk Labs (Google) dévoile sa vision pour Quayside, un ancien site industriel de 5 hectares à l’est de Toronto, en ville du futur. Le projet est estimé à plus d’un milliard de dollars : routes réservées pour les voitures autonomes, capteurs pour la circulation et la météo, immeubles peu coûteux à usages multiples, camions automatisés pour transporter les déchets dans des tunnels souterrains.

Rattrapage news – Jan 17 à août 18 – Tech – Robots / Exosquelettes / IA

Les historiens qui se pencheront sur cette période retiendront une accélération impressionnante (et notre lenteur bien sûr !).

Commençons par les robots, ce sont les stars de la période, dans tous les salons : robots à expressions faciale et à reconnaissance faciale (Sophia de Hanson Robotics), robots-chiens (Sony) / serpents (Stanford) , R2D2 pour de vrai (Kuri), poulpe (Festo), humanoïdes (Honda) ; robots-roues porteurs d’affaires, accueil dans les forums. Le robot UX1 commence à explorer les eaux pour trouver des pour mines immergées, ce concentré de SF a 5 heures d’autonomie : la cartographie de l’environnement par les machines commence et fait penser à Prometheus.

Gaël Langevin crée un robot opensource low cost (InMoov), à fabriquer avec une imprimante 3D pour 750€.

Bien sûr les bugs sont au rendez-vous, mais on sent bien que c’est en train d’arriver. 2 M de robots sont actifs dans les entreprises fin 2017, dont 80% dans l’industrie. Ce n’est qu’un début. Pour les robots domestiques les volumes sont plus réduits (aspirateurs, tondeuses…) et les montants plus faibles. Ca viendra.

En février 2017 une maison close de Barcelone (Lumidolls) remplace des prostituées par des robots sexuels.

Et pendant ce temps chez Boston Dynamics :

Le robot est partout. Mais les exosquelettes sont peu utilisés (marché à 1,9 milliards de dollars d’ici 2025, contre seulement 68 millions de dollars en 2014). et le Japon s’inquiète de la lenteur du remplacement des ouvriers de construction par des robots : un immeuble de 30 étapes représente 500 000 jours / homme, dont on espère automatiser au mieux 10% dans le futur proche me dit Bloomberg.

IA et ordinateurs quantiques

Commençons par une citation : « A la manière de l’électricité qui a tout transformé il y a un siècle, j’ai aujourd’hui du mal à voir une industrie qui ne sera pas transformée par l’intelligence artificielle dans les années à venir ». Andrew Ng co-créateur de Google Brain. Le marché de l’IA est estimé à 12 Mds $ en 2018, 232 en 2025.

En janvier 2018 des tests de compréhension réalisés sur des intelligences artificielles (Microsoft, Alibaba) lisant des articles Wikipédia les placent au niveau d’un lecteur moyen.

Des essaims de drones volent en autonomie :

Bien sûr l’IA va être très utile pour rassembler l’information des objets connectés – 5 millions d’objets vendus en France en 2017, pour un milliard d’euros : près de 3 M pour la maison (sécurité, automatisation, électroménager), 1,6 M d’objets portables, près de 200 000 objets de santé et un demi-millions de drones et gadgets. On parle de 15 Mds d’objets connectés à Internet en 2018, et de 50 à 80 milliards en 2020.

L’enceinte intelligente de Google franchit l’Atlantique en août 2017, avant celles d’Amazon, Apple et Microsoft.

Ordinateur quantique : Google dévoile Bristlecone en mars 2018. IBM et Microsoft annoncent tous les deux un ordinateur quantique fonctionnel d’ici cinq ans.

Rattrapage news – Jan 17 à août 18 – Tech – Biotech et divers

Biotech

OGM : le TK3 est la star du nouvel an chinois à Taïwan, c’est un poisson-zèbre OGM doté de fluorescence grâce à un gêne de méduse, « fabriqué » par Taikong Corp. 100 000 poissons à 15 €, hop !

Rectification ADN : en mars 2017 des chercheurs chinois réparent l’ADN d’embryons porteurs de mutations générant 2 types d’anémie. Les embryons ne sont pas conservés.

Le 28 mars 2018, Nenad Sestan, neuroscientifique à l’Université de Yale, explique avoir rétabli la circulation sanguine dans le cerveau de plusieurs cochons décapités. Le cerveau est sans doute endommagé, mais des milliards de cellules sont encore fonctionnelles et vivantes.

Au Texas, des chercheurs ont fait grandir des poumons bio-artificiels en laboratoire pendant deux ans, avant de les greffer à des cochons. Cette greffe n’a entrainé aucune complication ni de symptôme respiratoire pour l’un des cobayes. Une première.

 

Divers

Avant l’Iphone X, le Galaxy Note 8 est le premier smartphone grand public à dépasser les 1000 $.

Nintendo vend 10 millions de sa console hybride Switch.

En décembre 2017 le bitcoin atteint un plus haut à 19 873 $ contre 1000 $ au début de l’année, puis perd près des 3/4 de sa valeur en 7 mois.

Le chinois Tencent (réseaux sociaux et jeux vidéo) dépasse Facebook en valorisation boursière le 21 novembre 2017. Par ailleurs Facebook évapore 118 Mds $ en une journée en bourse le 26 juillet 2018, et veut monétiser Whatsapp.

Les Etats-Unis abrogent la neutralité du Net : dorénavant certains contenus seront plus prioritaires que les autres, et ça concerne tout le monde.

Inauguration de Station F dans la Halle Freyssinet à Paris le 29 juin 17 : le campus de startup créé par Xavier Niel est le plus grand du monde et accueille 3 000 stations de travail.

Sir Tim Berners-Lee, inventeur du worldwide web en 1989, considère que son invention devient mauvaise pour l’humanité du fait de la concentration par quelques grandes sociétés.

Rien à voir : Google revient en Chine pour fournir un moteur de recherche intégrant la censure gouvernementale.

Rattrapage actualité – Janvier 17 à août 18

Commençons par le sang : Istambul démarre 2017 avec 39 morts et 65 blessés pour le réveillon du 1er janvier. Le lendemain un triple attentat-suicide fait 57 morts et 61 blessés à Bagdad. Le 31 mai un attentat au camion piégé fait au moins 150 morts et 460 blessés à Kaboul. Toujours à Kaboul 103 morts et 235 blessés le 27 janvier 2018. Le 24 novembre 2017 une attaque à la bombe contre une mosquée du Sinaï égyptien fait 305 morts.

358 morts et 300 blessés dans un double attentat à Mogadiscio, en Somalie, le 14 octobre. La capitale de la Somalie, en guerre civile depuis 1991, est régulièrement la cible d’attentat. 86 morts à Mubi, au Nigéria, le 1er mai 2018. Au total 343 attentats font plus de 2 600 morts en Afrique en 2017 (883 en Somalie, 584 au Nigéria), loin du triste record de 2017 avec près de 14 000 morts pour l’Afrique.

L’Europe de l’Ouest est plus protégée mais n’est pas épargnée : 117 morts dans 35 attentats sur l’année 2017, dont 22 morts à Manchester le 22 mai à la sortie d’un concert d’Ariana Grande. Le 17 août 2017 une double attaque terroriste à Barcelone fait 16 morts et une centaine de blessés. En mars 2018 Redouane Lakdim fait 4 morts et 16 blessés à Carcassone et Trèbes, dans l’Aube. 5 morts à Londres le 22 mars 2017, 8 morts le 3 juin. 5 morts à Stockholm le 7/4/17.

Le 1er octobre 2017 : un tireur tue 58 personnes et en blesse 500 à Las Vegas depuis le 32ème étage d’une tour. 8 morts à Manhattan le 31/10. 10 personnes sont tuées à Toronto le 23 avril 2018. Une fusillade dans un hôtel à Manille le fait 37 morts le 1er juin 2017.

En Birmanie (Myanmar, bouddhiste) les Rohingyas (musulmans) sont dans une situation tendue : plus grande population apatride du monde, persécutés par les autorités birmanes, fuite de centaines de milliers de personnes vers le Bangladesh depuis 2017.

En août 2018, en RDC, une épidémie du virus Ebola se déclare en zone de guerre : 26 cas de fièvre, 20 décés.

Dans la nuit du 13 au 14 juin 17 la tour de logement sociaux Greenfeld prend feu à Londres, faisant 71 morts.

l’Etat Islamique perd une grande partie de son territoire avec la prise de Mossoul en juillet 17, Raqqa en octobre, Boukamal en novembre. La crise en Syrie dure depuis 6 ans, a fait 500 000 morts et 12 millions de déplacés.

Le Venezuela s’enfonce dans la crise, avec un recul du PIB de 35% en 5 ans (mort de Chavez en 2013), une hyperinflation, un blocage par les US de l’accès aux devises étrangères, un défaut de paiement du pays depuis novembre 2017, départ de 2 millions de personne depuis 1998. Le HCR estime que près de 2 millions de personnes quitteront le pays en 2018. La moitié des enfants ne sont plus scolarisés. Caracas serait la ville la plus dangereuse du globe. Le Venezuela possède les plus importantes réserves de pétrole du monde.

Les tempêtes tropicales font 250 Mds $ de dégât en 2017, touchant notamment le Texas, la Floride, et Porto Rico.

L’AFD (droite radicale) entre au Gouvernement en Allemagne début 2018, comme le FPÖ en Autriche fin 2017.

Quelques scandales

  • Paradise Papers en novembre 2017 : explication sur les optimisations fiscales de nombreuses multinationales et liste de personnalités utilisant des paradis fiscaux à partir d’une fuite massive de données d’un cabinet international d’avocats. L’évasion fiscale des entreprises et grandes fortunes est estimée à 350 milliards d’euros par an, dont 120 milliards pour l’UE
  • Alimentaire : 37 nourrissons contaminés à la salmonellose par du lait infantile, des centaines de milliers d’œufs contaminés au fipronil en août 2017

Parlons affaires :

En août 2018 Apple vaut 1000 milliards de $. C’est la plus grosse capitalisation mondiale. L’importance des sociétés technologiques dans la liste des plus grosses capitalisations est notable : Alphabet (2), Microsoft (3), Amazon (4), Fb (6), Tencent (11), Alibaba (12), Samsung (14). Par ailleurs Le nombre de sociétés cotées en bourse aux US recule : de 8000 au milieu des années 90 à moins de 4000 aujourd’hui. Concentration !

Les fusions acquisitions atteignent 3 000 Mds € en 2017, et 2 200 Mds € à mi-2018 (c’est un record). Quelques exemples notables :

  • Rachat du fabricant de puces Qualcomm par Broadcom pour 130 Mds $
  • L’assureur santé Aetna rachète CVS Health pour 77 Mds $
  • Disney rachète Fox pour 71,3 Mds (ou 66) $
  • Amazon rachète Whole Foods (460 magasins bio) pour 13,7 Mds $.
  • L’Oréal vend thebodyshop pour 1 Md €
  • SA rachète Opel pour 1,3 Md €
  • Suez rachète GE Water pour 3,2 Mds €
  • Novartis rachète Advanced Accelerator Applications (AAA, spécialiste des cancers rares) pour 4 Mds $
  • Thales rachète Gemalto pour 5,6 Mds €
  • Safran rachète Zodiac pour 8,7 Mds €
  • Danone rachète WhiteWave pour 11,4 Mds $
  • L’immobilier Unibail Rodamco rachète Westfield pour 24 Mds $
  • L’assureur santé américain Cigna rachète le gestionnaire de prescriptions médicales Express Scripts Holding pour 54 milliards de dollars
  • T-Mobile rachète Sprint pour 24 Mds $

Quelques amendes :

  • 2,42 Mds € infligés par la Commission Européenne à Google en juin 2017 pour avoir favorisé son comparateur de prix
  • 4,34 Mds € infligés par la Commission Européenne (encore) à Google (encore) le 18 juillet 2018, cette fois pour Android
  • Amendes pour infractions routières en 2017 en France : 1,97 Mds €

Les morts :

John Hurt le 25 janvier 17, Chuck Berry le 18 mars, Emma Morano le 15 avril : la doyenne italienne de l’humanité pendant près d’un an a 117 ans (née en 1899). Sans partenaire depuis 1938 car elle refusait d’être dominée me dit Wikipédia. Elle mangeait très peu de fruits et légumes. Roger Moore le 23 mai, Noriega le 29 mai, Helmut Kohl le 16 juin, George Romero le 16 juillet, Claude Rich le 20 juillet, le réalisateur de Massacre à la Tronçonneuse Tobe Hooper le 26 août, Hugh Hefner le 27 septembre, Jean Rochefort le 9 octobre, Malcolm Young le 18 novembre, Charles Manson le lendemain.

En 2018 : Milos Forman meurt le 14 avril, Philip Roth le 22 mai, Pierre Bellemare le 26 mai, Steve Dikto le 29 juin.

Sales temps pour les rappeurs : Prodigy (42 ans, le 20 juin 2017), Lil Peep (21, overdose, 15 novembre 2017), XXXTentacion (20 ans, 18 juin 2018, par balle). Et pour le DJ Avicii, mort le 20 avril 2018.

Stephen Hawking est mort le 14 mars 2018. Comme Sharon Stone Hawking était aussi célèbre pour son look que pour son QI. Nous lui laisserons le mot de la fin pour ce rattrapage d’actualité : « Intelligence is the ability to adapt to change », ou encore : « We are just an advanced breed of monkeys on a minor planet of a very average star ».

On ne parle toujours pas de Trump, ni de Brexit, ni de canicule, ni de Catalogne, du Mondial, de la République en Marche, ni de Harvey Weinstein.

Mort à la mule !

Et puis un jour les ligues hygiénistes abattirent leur jeu : plus de chaussures ouvertes. Tout ceci avait trop duré, cohortes de doigts de pieds racornis, obscènes, à la vue révulsée des passants impuissants, il fallait que ça disparût. Sans doute la racine était viscérale, irraisonnée, un haut-le-cœur face au spectacle insoutenable et trop récurrent de cette dizaine de moignons grouillants, lamentables, et comme dotés chacun d’un embryon de vie personnelle. Bien sûr ils attaquèrent sous l’angle de l’hygiène et de l’intérêt public, pressentant avec tact qu’une exposition plus franche de leurs motifs, peut-être obscurs pour eux-mêmes, compromettrait le succès de l’entreprise. Les hygiénistes, en direct comme sous d’innombrables faux nez, montèrent une campagne vigoureuse, communiquant sur les maladies à craindre, attaquant astucieusement les dérives exhibitionnistes des indécents montreurs d’orteils, faisant la promotion de tous ceux qui voulaient bien confier leur malaise face aux arpions, aux panards, aux petons mêmes, mettant en avant de fort brillants chirurgiens, orthopédistes, psychiatres, qui de concert insistaient sur les bienfaits du chaussage précoce, du chaussage prolongé, du chaussage systématique, étalant avec une frénésie imagière des clichés de pieds monstrueux, corrompus, perdus, maudits par l’absence ou l’insuffisance de chaussures fermées. La spartiate était ennemie, la sandale devenait tabou, la tong était à abattre.

Au chœur des arguments médicaux se joignit l’entêtante musique de complices couturiers, bloggeurs, modeux, et autres prescripteurs de tendances : le temps était venu de la chaussure fermée. Une lolita gothique de quelque 19 ans fit décoller une notoriété jusque-là confidentielle dans une vidéo où, chaussée de doc Martens, vêtue d’une micro-jupe et d’un bandana noirs cachant sa poitrine menue quoiqu’adorable, exhibant une quantité remarquable de tatouages bien réalisés d’araignées, de silhouettes de prison, de dagues et couteaux, armée d’une copie du pistolet d’or qui menaça James Bond, cette lolita tira une balle d’or (plaqué) dans le milieu de la semelle d’un escarpin ouvert et parfaitement éclairé de Christian Louboutin, lequel escarpin se mit à saigner avec abondance. La vidéo devint virale, et le slogan « close it » (« fermez-les » dans sa variante française, souvent orthographiée « fermer-les ») fut une des 3 expressions les plus recherchées du mois sur Fucksurch, qui depuis longtemps avait ringardisé Google et Bing.

La partie semblait bien amorcée, et déjà la phase 2 s’enclenchait : après un lobbying important l’Assemblée Nationale française se saisit du sujet, et une proposition d’interdiction totale des chaussures ouvertes fut débattue en séance, et faillit être adoptée après des débats enflammés où il fut question de la responsabilité face à un drame possible, des accords de Munich et du trou dans la couche d’ozone. Hélas pour les Hygiénistes un incident de vote électronique empêcha d’un cheveu la résolution de passer. On approchait de la fin de la session parlementaire, il fallait attendre septembre.

La résistance s’organisa. Par un commun mouvement de balancier la grande énergie qu’avaient employée les Hygiénistes engendra une résistance elle-même considérable. Un large spectre de la société, allant du campeur à la fashionista, et de la vraie poufiasse à la radasse à mule, fit front. D’autres vidéos devinrent virales, dont le pattern était constant : des centaines d’orteils dépassant de chaussures ouvertes s’agitaient en surimpression devant (si on ose dire) des images d’Epinal de la culture européenne : visage d’Helmut Kohl, cimetière de Prague, London Bridge, baie du Mont St Michel, pizzas margarita, ApfelStrudel, salade César, partition de la 9ème, et d’innombrables autres, déclenchant parmi les rangs des Hygiénistes outrés commotions, syncopes, malaises et violentes nausées.

Suivant un angle non anticipé et cristallisant d’une manière inattendue la tension des débats en cours un éphémère mouvement préconisant l’ablation chirurgicale complète des orteils se proposa de résoudre la situation et connut un début de gloire, avec la complicité hypocrite de trublions en vue du paysage médiatique, et de figures politiques dépassées par la situation et prêtes à tout pour avoir quelque chose à dire. Mais la chute de la grande prêtresse de cette cause, elle-même récemment amputée, lors de son arrivée sur une estrade dressée place de la Concorde, siffla la fin de la récréation. Plus personne n’envisageait sérieusement de rendre l’amputation obligatoire. Dans les cours de récréation les écoliers soufflèrent : beaucoup avaient pris la menace au sérieux.

Alors, surgissant d’un complet néant, et à deux fois ne se faisant point connaître, les abolitionnistes rallièrent en quelques semaines tout le monde à leur cause à la fin de cet été fatigant. L’origine du mal était, au fond, la chaussure, et ces épuisants débats sur le fait de l’imposer fermée ou de la garder ouverte, pouvaient être soldés d’une façon très simple. Après tout bien peu étaient hostiles à la vue d’un pied entièrement nu. La loi d’interdiction complète de la chaussure passa dans les premiers jours de septembre, avec – chose rare – une quasi-unanimité. La soudaineté avec laquelle la société se convertit fut telle que personne ne prit le temps d’en peser sérieusement les conséquences. Le secteur de la production chaussière s’effondra en quelques semaines, avec celui des magasins de chaussures et toute l’industrie du ski. D’innombrables problèmes se posèrent pour ceux qui transportaient des objets lourds ou des produits dangereux, comme pour les militaires et le personnel de sécurité. Dans des speakeasies revisités et dans un lourd parfum d’interdit des risque-tout se faisaient servir des verres d’eau minérale en paradant dans des derbies, richelieu, stantiags, servis par des femmes en cuissardes importées d’Italie à prix d’or, et sachant qu’ils pouvaient payer de longues années d’emprisonnement cette audace. Mais ils ne furent guère suivis. La crédibilité des banquiers prit un bien sérieux coup, nombre de femmes petites et d’hommes à talonnettes partirent en dépression, certains ne s’en remirent point. L’arrivée précoce de la neige début décembre, le suicide d’une ancienne gloire de la chanson française maintes fois sur le retour, et à qui ses chaussures faisaient en toute discrétion gagner 9 centimètres, ne changèrent rien à l’affaire : la France était fatiguée du débat et, pour le futur prévisible, les Français devraient aller pieds nus.

Orelsan – Suicide Social

D’habitude nous tentons de garder un côté constructif, mais ici la haine de tout et de tous est élevée au rang d’art, comment ne pas savourer ça ?

Né en 1982 à Alençon et amateur de provocation, le jeune homme a connu une notoriété rapide en 2009 en devenant le symbole des violences faites aux femmes avec une chanson (moyenne) au nom bien polisson : Sale Pute. L’histoire va assez loin, entre effets de manche de partis institutionnels, chantage aux subventions pour les festivals qui ont l’audace de le mettre au programme et poursuites en justice pour provocation au crime (il est relaxé), injure et provocation à la violence à l’égard des femmes. Il s’est illustré depuis dans la série Bloqué et par une collaboration avec Ron Thal (guitariste de Guns’n’Roses sur Chinese Democracy). On passe sur St Valentin, ceci est nettement supérieur. Ce n’est pas tant le côté pulsionnel qui est intéressant, tous ceux qui battent leur femme ont ça, c’est le raffinement des formules ; difficile de ne pas penser à Slim Shaddy. Précision du texte, capacité à parler du monde comme il est : toutes choses difficiles à pardonner, pas vrai ? On valide !

Archive (ouverture d’)

Archive, collaboration de Darius Keeler (le colosse) and Danny Griffiths (le beau gosse), existe depuis 1994. C’est assez modérément désopilant, mais revisitons ceci quand même !

L’automne 1996 : Londinium. avec la chanteuse Roya Arab et le rappeur Rosko John. Peu après le premier Portishead (94) et les 2 premiers Massive Attack (Blue Lines en 91 et Protection en 94), l’album mixe du trip hop très sombre et du rap. Au-delà des étiquettes le son est souvent fascinant, dès le premier titre old artist, avec une atmosphère semi-industrielle que traverse un violon aérien – comme dans le presque symphonique Organ Song. La seconde chanson All Time introduit la voix féminine, magnifique et étrangement rassurante de Roya Arab, sur des arrangements oppressants, c’est neuf et réussi, la formule fonctionne de nouveau sur Darkroom et façon plus mélancolique sur Nothing Else ou Last Five. Sur la chanson Londinium à partir de 3 :13 on trouve pour la première fois une de ces montées imparables à la Archive, instrumentale et toujours trop courte après 75 secondes (et 1000 écoutes).

1999 : Take My Head. Désolation, Archive se sépare de sa chanteuse (et de son rappeur) et embauche Suzanne Wooder. Soyons clair : l’album est une catastrophe tenant vaguement de la variétoche, voire de Blondie, avec des influences country, où surnagent quelques secondes de déconstruction (fin de la chanson Take My Head). C’est pire que raté : c’est horrible, et renié par Keeler / Griffiths depuis.

2002 : You All Look The Same To Me. Le titre de l’album associé aux images de gosses sur la pochette insulte les mômes par anticipation de leur avenir, c’est plutôt punk. De nouveau on change de chanteur, voici Craig Walker, qui vient du punk justement. Comme pour Londinium le choc est instantané ; et le charme rétabli dès le début du premier morceau Again (peut-être le meilleur de toute l’histoire du groupe, 16 :18 tout de même). On regarde à fond vers Pink Floyd, avec les moyens de ses ambitions. Le second titre Numb fait bien sûr penser au Comfortably Numb de leurs mentors du moment, et confirme l’orientation dark et plus rock de ce bon album parfois décevant ou moyen (Meon, Now and Then, Need), souvent touchant (Goodbye, Hate), ou simplement bon (Fool ou Seamless et son sonar floydien qui revient du reste sur Chase Scene dans l’album suivant) On retrouve sur la seconde moitié de Finding It So Hard un appétit de construction encourageant.

2003 : Michel Vaillant. Comment les Archive se retrouvent-ils à travailler sur le film de Luc Besson, ceci est un mystère, mais c’est probant : mélancolie, sens musical, longues montées réussies (Calling, Main Bridge Scene, Le Mans End) ou simple goût de rester sur la crête (Chase Scene, Helicoptere). Les rares titres chantés (End of Bridge Keen, for a Dead Child pour quelques secondes, Come to Me 3, Warm Up and Leader Theme, Nightmare is over), sont bien en place et l’album est le plus cohérent du groupe à ce stade. Ca va encore monter.

2004 : Noise. Sans perdre en radicalité (voir le titre Fuck U) ou en cohérence musicale, Noise possède une fluidité nouvelle, et part dans de nouvelle dimensions : comment se prononcer sur Pulse ou sur le visuel de la pochette ? La filiation avec Pink Floyd reste importante sur les titres Noise ou Wrong par exemple, l’ensemble est bon à très bon sur les 4 premières, beaucoup plus faible à partir de Here et moins inspiré sur toute la seconde moitié de l’album (Get Out, Conscience, Pulse, Love Song, Me & You), avec un sursaut sur un cinquième de Love Song (revoilà notre sonar).

2004 : Unplugged. Comme expliquer le côté horripilant de cet album (particulièrement sur Noise) ? La chanson Absurd surnage, Goodbye s’en sort presque bien, l’alchimie n’opère pas sur le reste, Craig Walker geint (Sleep) et se répète ; l’album est pénible (Girlfriend in a coma, Conscience), et donne l’impression de ne pas avoir les moyens de ses ambitions. Est-il conscient du naufrage ? Craig Walker quitte le groupe juste avant la sortie d’Unplugged. Il est temps de passer à autre chose

2006 : Lights. C’est la grande force d’Archive : la valse des chanteurs autour du binôme Keeler / Griffiths apporte régulièrement du sang frais. Entrent au chant David Penney, Pollard Berrier et Maria Q. Le groupe retrouve d’un coup sa colonne vertébrale. Dès le premier titre Sane, c’est imparable : nerveux, inspiré, profondément personnel avec un son exceptionnel. On trouve de purs moments de noirceur sur le troublant Sit Back Down, du « bon » Archive : Lights / Headlights / Programmed / Black / Taste of Blood font largement le boulot. Le reste est plus académique, sans gros accident toutefois : le (moyen) Veins lorgne vers la pop avec des twists, Fold et I will Fade restent sans surprise, System fonctionne. Le côté électro est plus fondu, l’ensemble est plus progressif. Il y a 10 ans déjà qu’Archive livre quelques pépites (presque) sur chaque album, et l’ensemble des très bons morceaux et déjà largement respectable. Il est temps d’accélérer.

2009 : Controlling Crowds et Controlling Crowds Part IV gardent les mêmes et marquent le retour (sur quelques chansons) du rappeur Rosko John. L’album est découpé en 3 parties, une quatrième partie sort de manière séparée. Dès le premier morceau on vole très haut : Controlling Crowd est un classique instantané, Bullets maintient la barre au plus haut, illustration ici avec les exploits acrobatiques d’Alex Yde :

Le reste de l’album est bien haut : un très bon Dangervisit, du lent intense qui tient la route (Words on Sign, Quiet Time, Collapse/Collide), un Clones correct à la frontière de la pop, dépassé sur ce créneau par Kings of Speed ou Whore, du rap très sombre et anxiogène (Bastardised Ink). Chaos n’apporte pas grand-chose, vite rattrapé par Razed to the Ground, très industriel, et le correct mais plus attendu Funeral qui concluent le meilleur Archive à ce stade.

De Part 4 on peut garder un « bon » Archive conforme aux attentes (Pills), et 2 réelles bonne surprises : lines et Blood in Numbers. Le reste se ballade entre une pop améliorée plutôt dispensable (The Empty Bottler, Remove, Come on Get High, To the End, Pictures, Lunar Bender) et un rap qui n’apporte pas grand-chose.

2012 : With Us Until You’re Dead, avec un nouvelle chanteuse quasi-R&B, Holly Martin. L’album est schizophrène : souvent attendu, voire convenu pour les parties vocales, et magnifiquement torturé par endroits (la fin de Wiped Out, Interface, une moitié de Violently, l’aspect un peu effrayant de Silent, la section rythmique de Hatchet). Deux morceaux à conserver : Conflict, une fois encore très indus, et le plutôt rock Twisting.

2014 : Axiom est accompagné d’un court métrage. Le début (Distorded Angels) est pénible et prétentieux, la cohérence sonore du morceau Axiom ne dissipe pas complètement cette impression. Baptism continue dans l’expérimentation, sans forcément trouver ce qu’il cherche, le reste ne s’en sort pas mieux, à l’exception de Transmission Data Terminate, très sombre et plus réussi.

2015 : Restriction garde les mêmes chanteurs, sans le guitariste Steve Harris. C’est un très bon cru, au son soigné, au caractère délicieusement oppressant, et le plus rock d’Archive à ce stade. On trouve bien des choses sur Restriction, surtout des bonnes : des ambiances presque minimalistes portant un chant nerveux, des changements déstabilisants, beaucoup de guitares, une précision remarquable, des chansons sèches focalisées sur l’essentiel : ramasser les meilleures éléments de 20 ans d’expérimentation pour une démonstration de post-déconstructionisme, lâchons le mot, tant 2 idées sont présentes ici : le ramassement (voir les titres Restriction, Feel It, Riding in Squares, Crushed) et la démolition (End of our Days, Half Build Houses, Ruination, Crushed encore). L’album est contenu, sous la forme d’une rage contenue et offre une cohérence remarquable et une densité peu commune. On ne trouve plus beaucoup de cet élan vers le sublime qui assurait les grandes montées d’Archive, et contribuait peut-être à ses pires déconfitures. Mais à tout point de vue l’album est essentiel.

Dans la foulée sort Unrestricted, même liste de chansons mais remixées par différents artistes. La démarche fait bien sûr songer au Further down the Spiral de Nine Inch Nails ou au No Protection qui a suivi le Protection de Massive Attack, le résultat est correct mais moins probant que Restriction lui-même.

2016 : The False Foundation est beaucoup plus proche de l’expérimental, avec une grande réussite. C’est plus que sombre, et terriblement planant, sans rien à jeter (sauf peut-être les quelques instants d’optimisme de the Weight of the World ? The False Foundation est moins violent que son précédesseur, mais tout aussi imparable.

A la fin (provisoire) de cette revue de fan, quelques questions restent en suspens :

  • 1/ Comment expliquer ce côté inégal, cette cohabitation étrange entre tant de bonnes choses et tant de moins bonnes choses (même perplexité et besoin de faire le tri que pour Eric Clapton, d’où ce billet) ? Sans doute par une démarche d’expérimentation et d’ouverture qui autorisent le groupe à toucher à tant de courants sans se renier, avec un bilan très honorable : plus de 70 chansons magnifiques déclenchant une incroyable imagerie à l’instant où vous fermez les yeux.
  • 2/ Pourquoi ces liens étranges avec la culture mainstream française ? Passons sur l’utilisation de Nothing else dans Déjà mort d’Olivier Dahan (1997) ou les liens avec Besson, il y a bien plus grave votre Honneur : en 2010 Darius Keeler et Danny Griffiths signent trois titres de l’album Bleu noir de Mylène Farmer (Light Me Up, Leila et Diabolique mon ange). Désolé pour eux, mais ça reste impossible à écouter. Quand vous cliquez sur la première photographie de Darius Keeler dans Google, vous arrivez sur Mylene.net. Danny Griffiths n’est pas en reste, le 7ème résultat donne : Innamoramento.net.

Pour finir sur une note plus lumineuse rappelons / saluons cette utilisation de Bullets dans le teaser du jeu vidéo Cyberpunk 2077 (2013) :

Et merci encore pour le frisson musical.

Evil plans (le charme désuet des)

On manque d’organismes indépendants qui se spécialiseraient dans le rating des plans diaboliques. On donne bien un carnet de note aux gamins, aux pays et aux entreprises. Pour mémoire et dans une ambiance de décernement de bonnet d’âne à de brave gaillards écoliers du XIXème siècle :

  • Standard & Poor’s ouvre le bal le 13 janvier 2012 en passant la France de AAA à AA+ (disons de 20/20 à 18,5 sur 20), puis AA (soit 18 sur 20) le 12 octobre 2014. Fitch fait de même avec un léger décalage
  • Moody’s fait la même chose (de AAA vers AA1) le 19 novembre 2012, puis AA2 le 18 septembre 2015

Le message est bien clair : si la France continue à ne pas faire d’efforts (criminalisation du chômage, subvention en priorité aux entités économiquement viables), elle fera sa pénitence à genoux sur une règle.

Si nous pouvons noter la dette des grandes puissances, nous devons pouvoir noter aussi les plans démoniaques. le principe serait simple : on évaluerait séparément la complexité (longueur, moyens à mettre en œuvre, risque), l’ambition, les chances de succès (crédibilité personnelle de l’auto-entrepreneur en evil plan, capitaux réellement alloués), il y aurait bien sûr une note artistique (palais du génie du mal, armes incroyables, images puissantes, qualité du henchman, méchanceté générale et monologue du méchant). L’ensemble pourrait être noté sur l’échelle de Goldfinger, tant ce brave Auric force la sympathie, souvenez-vous [Guy Hamilton, 1964] : obsession pour l’or ; explication des détails de l’opération Grand Chelem autour d’un verre ; meurtre de l’assistante Jill Masterson par « aurification » (asphyxie provoquée par peinture de la peau à l’or) ; mignon presque nain, muet et doté d’une force surhumaine, décapitant au chapeau-rasoir et écrasant les balles de golf dans une scène qui ferait frémir tout homme pour sa virilité ; voiture doublée à l’or pour passer les frontières ; agent secret attaché à une table (en or massif !) avec un laser se dirigeant vers une zone que la pudeur nous interdit de nommer (encore plus fort que la balle de golf) ; chanson de Shirley Bassey glorifiant sa méchanceté bien sûr ; Rolls-Royce à plaque minéralogique AU1 (ah ! les références à l’or) ; et enfin le plan démoniaque lui-même. 53 ans après la sortie du film j’espère ne rien spolier en dévoilant ce plan : irradier la réserve US de Fort Knox pour déstabiliser l’économie et renforcer la valeur de l’or appartenant à l’abominable milliardaire. Gert Fröbe s’en sort très bien dans le rôle d’Auric Goldfinger,  pour lequel Orson Welles avait été approché.

Rassurons nos lecteurs : la virilité de l’agent secret reste attestée par la possession de sa fameuse Aston Martin DB5 à siège éjectable et plaques interchangeables et son talent pour rendre amoureuse la célèbre Pussy Galore, qui jouait pourtant dans l’autre équipe.

En cherchant si par hasard d’autres avaient déjà mis en place un système d’évaluation des plans démoniaques, j’ai découvert l’Evil Plan Generator. Vous trouverez ici le résultat de l’exercice, en version traduite :

« Toutes nos félicitations pour la création d’un nouveau plan diabolique ! Votre objectif est simple: l’Accumulation des Ames. Votre motivation est une peu plus complexe: le Pouvoir.

Etape 1 : pour commencer vous devez séduire un Elu (ou une Elue ? On ne sait pas). Cette entrée fracassante forcera le monde à prendre conscience de votre arrivée. Qui est ce démon sorti tout droit de l’enfer ? D’où vient-il ? Et pourquoi est-il si sexy dans son costume tout noir ?

Etape 2: Ensuite, vous prendrez le contrôle de la Lune (ah ! Les marées). Alors des hordes de non-vivants se joindront à vous, en vous suppliant de leur donner des ordres. Votre nom deviendra alors synonyme de massacre, et les mortels le chuchoteront avec effroi.

Etape 3 : finalement, vous lâcherez vos énormes pouvoir, dans un déferlement d’horreur au-delà de l’entendement. Vous ferez tout ceci depuis une citadelle d’obsidienne, un très bon choix si vous nous permettez ce commentaire [ok pour cette fois]. Ces hauts faits siffleront la fin de la récréation, et les habitants du monde vous reconnaîtrons comme leur nouveau dieu. Faites-nous confiance, tout ça va boucler à la fin.

Pour la petite histoire Ian Fleming est mort un mois avant la sortie du film Goldfinger, rien ne se passe jamais comme on voudrait (comme dans les plans diaboliques).

La Marche Turque (retourne votre cerveau)

Ceci a déjà bien fait le tour du web, mais pourquoi bouder son plaisir ?

Juya Wang montre une aisance déconcertante dans cet exercice complexe, auquel la jeune pianiste chinoise (née en 1987) apporte sa réelle grâce.

La virtuosité est frappante, le mélange des registres détonnant ; ce dynamitage donne la pêche et force la sympathie. Ceux qui voudront approfondir se pencheront sur l’exercice réalisé (plus tôt) par Arcadi Volodos, mais quelle fraîcheur ici !

Aux Modernes, Leconte de Lisle

A ceux qui gémissent sur le monde qui était mieux avant, qui pensent que le punk a débuté en 1976 ou que personne ne souffrait avant Cobain, rappelons ces douces paroles de Charles Marie René Leconte de Lisle, parnassien célèbre, pourfendeur de son temps, officier de la Légion d’Honneur, sous-bibliothécaire du Sénat, académicien et grand râleur devant l’Eternel !

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,

Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,

Châtrés dès le berceau par le siècle assassin

De toute passion vigoureuse et profonde.

Votre cervelle est vide autant que votre sein,

Et vous avez souillé ce misérable monde

D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,

Que la mort germe seule en cette boue immonde.

 

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin

Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,

Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches

 

Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,

Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,

Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

 

Ceci est extrait des Poèmes Barbares de… 1862 !

Détail intéressant : élu dans le fauteuil de Hugo, c’est à Leconte de Lisle qu’il revient d’en prononcer l’éloge, qu’il débute par : « Ma profonde admiration suppléera, je l’espère, à la faiblesse de mes paroles ».